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Programme > Conférence plénière
Nicolas BIERNE Directeur de recherche CNRSInstitut des Sciences de l’Évolution de MontpellierUniv Montpellier, CNRS, IRD https://isem-evolution.fr/membre/bierne/ Je suis un généticien des populations avec un spectre d’intérêt assez large en biologie évolutive. Je m’intéresse plus particulièrement aux mécanismes évolutifs impliqués dans l’adaptation des espèces et la spéciation. Ma démarche est d’utiliser les dernières nouveautés de la biologie moléculaire et du séquençage des génomes, en association avec l’expérimentation, l’étude de terrain et le développement théorique. Mes modèles d’études sont principalement des espèces marines. Mon système d’étude de prédilection est le complexe d’espèces des moules marines Mytilus spp. une radiation cryptique de lignées génétiques semi-isolées à divers stade du processus de spéciation. Mes intérêts récents portent sur l’évolution urbaine marine (dans les ports) et sur l’évolution des cancers transmissibles de bivalves. Conférence Melting-pot chez les moules : hybridation et métissage génétique dans le complexe d'espèces Mytilus edulis Le complexe d’espèces Mytilus edulis est devenu un modèle d’étude de l’hybridation en milieu marin. Dans les zones où différentes espèces ou lignées génétiques se rencontrent naturellement, elles peuvent se croiser et échanger des gènes. Cet échange génétique, appelé introgression, n’affecte toutefois pas l’ensemble du génome de manière homogène : certaines régions circulent relativement librement entre espèces, tandis que d’autres demeurent fortement différenciées. Plus récemment, les activités humaines, en particulier le trafic maritime, ont favorisé de nouveaux contacts entre des lignées auparavant séparées géographiquement. Ces introductions ont conduit à l’émergence de zones de métissage génétique d’origine anthropique, que l’on peut comparer aux zones d’hybridation naturelles. Je présenterai ces différents contextes d'hybridation et les patrons génétiques qui en émergent. Les résultats suggèrent que les barrières entre espèces chez les moules Mytilus reposent sur l’action cumulative d’un grand nombre de gènes à faible effet, plutôt que sur quelques gènes majeurs. Ils indiquent également que l’hybridation induite par les activités humaines peut profondément remodeler les génomes, avec des conséquences potentielles sur la capacité des populations invasives métissées à répondre aux pressions environnementales de l’Anthropocène.
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